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 [HRP] La véritable histoire de Noctatrix

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Noctatrix
Ancienne Gardienne


Localisation: Dans la tombe...

MessageSujet: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Jeu 9 Avr - 18:33

Chapitre I

Au beau milieu d'une des grandes forêt de Kalimdor [Teldrassil], dans une petite clairière éloignée de tout, pendant une nuit sombre et sans lune, on vit à peine une ombre s’avancer. Au milieu de la clairière, la silhouette s’arrêta et se baissa. Ses oreilles longues et pointues dépassaient de sa chevelure. Il se releva bien vite et, après avoir jeté un regard méfiant de tout les côtés, il disparut aussi silencieusement qu’il était arrivé.

Cette nuit là, la forêt paraissait étrange. Après le départ de l’elfe, un silence pesant c’était abattu sur la forêt. Pas un hurlement de loup, pas un hululement, pas une brindille brisée par un quelconque poids. Le vent même paraissait ne plus jouer avec les nombreuses feuilles des arbres.

C’est alors qu’un infime mouvement troubla cette sérénité. Il provenait du centre de la clairière, là où s’était baissée l’ombre. L’elfe avait en fait déposé un panier. Un sigle s’étalait de chaque côté de celui-ci, alors qu’à l’intérieur, quelque chose s’agitait. Il ne s’agissait pas d’un animal, mais d’une enfant. Un bébé pour être plus exact. Elle devait sans doute dormir depuis longtemps, et parfois, on voyait des frissons la parcourir. Peut-être était-ce le froid qui la faisait ainsi frissonner ?

Toute la nuit, elle resta ainsi, et à l’aube le panier n’avait pas bougé. Lorsqu’elle se réveilla, sûrement à cause d’une peur nouvelle, elle n’émit pas un son, et se contenta d’observer le ciel et les branches qui lui faisaient face. Peu de temps après, une tigresse et ses deux petits firent apparition dans la clairière. Les deux jeunes tigres s’musaient déjà à se combattre. Leur mère, elle, s’approcha du panier. Elle reniflait. Sentait-elle alors une odeur de viande qu’elle pouvait aisément se procurer ? Cependant, elle ne parut pas méfiante, et elle regarda à peine ce qui s’y trouvait. L’enfant, elle, n’avait pas perdu le félin des yeux depuis le moment où elle l’avait aperçue par-dessus le rebord du panier. Elle fut de plus en plus apeurée en la voyant se rapprocher, mais n’osait pas crier, ni pleurer. Elle était presque paralysée, seuls ses yeux témoignaient encore de son émotion. Mais la tigresse n’eut aucun acte agressif, au contraire, enjambant le panier, elle présenta son flanc. Son intention était claire, et l’enfant affamée fut ravie d’être nourrie, même si elle prenait cet animal comme un prédateur.

Les jours passaient, l’enfant nourrie par la tigresse, et parfois même par des louves, grandit peu à peu, et commençait à vivre vraiment : après avoir quitté son panier « natal » elle commençait à marcher, d’abord prenant modèle sur les animaux, puis se relevant dans l’intention de paraître plus vite plus grande. Quelques années plus tard, elle dut commencer à chasser, et s’améliorant sans cesse, elle finit par réussir à se procurer elle-même sa nourriture. Mais la sûreté dans laquelle elle vivait ne pouvait durer.

Durant sa quatre-vingt-dix-huitième année (=> 8-9ans humains), sa maîtrise de la chasse lui permit aussi de survivre aux bêtes féroces qui n’hésitaient pas à lui bondir dessus. Elle restait tout de même dans les alentours de la clairière, et, maintenant trop grande pour dormir dans le panier, restait tout les soir à côté de son premier lit jusqu’au jour où…


Elle avait alors dut s’éloigner pour pister un daim. Elle n’avait pas mangé depuis deux jours et dépassant ses limites habituelles, elle suivait silencieusement une proie qu’elle ne devait pas perdre. Au prix de multiples ruses, elle finit par l’attraper, et dévorant avidement la chair tendre, fut bientôt rassasiée. Des bruits lui parvinrent alors, des bruits qu’elle n’avait jamais entendu auparavant, et la peur l’emportant sur la curiosité, elle revint en courant jusqu’à sa sûre clairière.

Mais alors, elle fut surprise : son panier, son seul lien avec son passé avait disparu. Elle crut d’abord s’être trompée d’endroit, mais elle aperçut bientôt des détails qui la contredisaient, de l’arbre à la branche tordue jusqu’à l’emplacement du panier où l’herbe était jaunâtre et devant lequel elle s’agenouilla, contemplant à la fois la place vide et le panier de ses souvenirs. D’un seul coup, elle se senti plus seule qu’elle ne l’avait jamais été. La tigresse qui l’avais autrefois nourrie fit alors son apparition. La jeune elfe ne l’avait pas revue depuis longtemps, et la revoir la rassura un moment… mais son attitude dut bientôt changer. Le félin s’approchait d’elle, les poils hérissés et, prêt à bondir, il rugissait. La tigresse avait déjà pris sa décision, mais l’elfe ne savait pas comment réagir. Elle ne pouvait se laisser tuer, mais ne pouvait pas non plus se résigner à tuer sa nourrice. Malheureusement, les circonstances en décidèrent autrement. Elle aurait peut-être pu fuir, mais son hésitation lui en fit perdre la possibilité, et ce fut seulement lorsque la tigresse l’attaqua qu’elle finit par réagir, et son instinct de survie plus prompt que sa reconnaissance eut raison de la bête. Une fois le félin inerte au sol, l’elfe s’agenouilla devant le cadavre, les larmes aux yeux. Comment avait-elle pu tuer sa nourrice ? Comment avait-elle pu tuer celle qui l’avait élevée ? Contempler ce cadavre la faisait souffrir et elle voulu quitter à jamais ce lieu souillé. Elle fuit alors, se promettant de ne jamais plus revenir dans cette clairière.

Sa fuite, désespérée l’avait inconsciemment ramenée vers le lieu de sa chasse et elle entendit de nouveau les même bruits. Cela lui paru étrange, une bête restait rarement au même endroit… d’autant plus qu’elle semblait comprendre cette bête, ce qu’elle exprimait. Elle sut qu’elle ressentait la morsure du froid, mais en même temps, la bête était curieuse. C’était comme si la bête ne faisait qu’un avec elle sentimentalement. Mais la bête paraissait être plusieurs : elle émettait une multitude de bruits différents et venait de différents endroits. La jeune elfe décida de s’approcher. Se cachant derrière un buisson, elle écarta quelques feuilles au niveau de son visage pour voir sans être vue, et …


Dernière édition par Noctatrix le Lun 13 Avr - 13:57, édité 1 fois
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Noctatrix
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Localisation: Dans la tombe...

MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Lun 13 Avr - 6:06

Chapitre II

En écartant les branchages, elle aperçut des êtres qui lui ressemblaient. Elle avait déjà vu son reflet dans le ruisseau où elle s’abreuvait mais c’était la première fois qu’elle rencontrait des êtres qui lui ressemblaient tant. Elle les reconnut à leur démarche mesurée, à leur peau restant dans des teintes bleutées et à leurs oreilles qui prolongeaient élégamment leurs tête. Elle les aurait peut-être rejoint à ce moment même, si elle n’avait pas remarqué un détail : ils portaient des vêtements et elle se sentit bien honteuse de sa nudité. Se reculant alors, elle se mit à l’ouvrage, et bien que ce fut un essai, l’habit qui résultat de son travail fut assez réussi. Bien sûr, il était principalement composé de feuilles diverses, mais le tout était bien attaché. Ce que l’on remarquait surtout, c’était l’absence d’harmonie dans les couleurs, composées toutes de vert différents. Se sentant alors plus proche de ses semblables, elle quitta son abri, et s’avanca, confiante.

Eux ne la virent pas tout de suite. Elle, elle ne se sentait pas avoir assez d’yeux pour les voir tous, tellement elle était fascinée. Elle remarqua, un peu plus loin, un elfe tenant une branche dans sa main gauche et tirant de sa main droite sur une ficelle qui reliait les deux extrémités de la branche. Dans l’axe de ses deux mains, un fin morceau de bois qui, lorsqu’il lâcha la cordelette, s’envola jusqu’à un arbre, s’enfonçant dans l’écorce, à côté d’autres. Derrière lui, deux autre elfes combattaient, tenant des longs bâtons qui s’entrechoquaient à chacun de leurs gestes.

Ce fut d’ailleurs l’un d’entre eux qui l’aperçu en premier. Informant d’une parole son compagnon, ils la dévisagèrent tout deux, et bientôt, beaucoup les imitèrent. Elle s’arrêta, voir tant de regards tournés vers elle la troublait. Des murmures s’élevèrent alors, jusqu’à ce qu’un elfe s’exprime à haute voix à son voisin :
« Qu’à donc fait notre village pour recevoir un tel monstre ? »
Tous rirent à cette réplique, et la jeune elfe, comprenant ses paroles, parut effrayée. Elle entendis alors des injures et vit des doigts se pointe vers elle. Cherchant un quelconque visage amical qu’elle ne trouva pas, elle finit par courir se réfugier sous le couvert des arbustes. Les rires ne manquaient pas de cingler son cœur durant cette course qui lui parut interminable. Malgré tout, une fois à l’abri des regards, elle n’arriva pas à s’éloigner d’eux. « Il ne me connaisse pas encore, voila tout », pensait-elle.

Elle resta donc proche d’eux, mais séparée par un épais mur de feuillage divers pour être cachée de leurs regards. Elle sut mettre à profit son approche de ses congénères et, après plusieurs semaines, elle maîtrisa les même armes que celles qu’elle pouvait observer aux mains des autres. Elle avait en quelque sorte appris à mieux les connaître. Ainsi, dorénavant elle chassait à l’arc, et se défendait assez habilement au bâton, mais elle manquait encore d’expérience et aurait bien aimé avoir de vrais conseil plutôt que de se contenter d’observations lointaines.

Mais son "espionnage" ne fut pas inutile, et elle décida de retenter sa chance dans le village. Ayant aperçu un étranger auquel aucun remarque n’avait été faite, elle décida de faire comme lui. Elle avait trouvé des pièces rondes, les mêmes que celle qu’il avai donné à une femme, qui se tenait devant ce qui ressemblait à une grande habitation. L’àhomme était entré dans la cabane et n’y était plus ressorti avant le lendemain. Voulant en faire de même, elle sorti de nouveau de la forêt et se dirigea courageusement vers le village. Elle subit de nouveau les calomnies, mais même si tout son être son être aurait voulu s’enfuir, elle se forca à aller jusqu’à cette femme, en espérant que cet acte lui permettra d’être reconnue comme l’une des leurs. Elle fut un peu rassurée, en voyant qu’elle au moins, restait à l’écart et ne cherchait pas à l’injurier. Sans mal, elle réussit à reproduire les bruits que l’étranger avait prononcés. Elle avait voulu s’entraîner pour cela, mais sans savoir pourquoi, elle réussit parfaitement à parler.

L’aubergiste, après avoir reçu son argent, la mena dans une petite pièce, à l’étage, dans laquelle elle la fit entrer, avant de s’éloigner. Une fenêtre s’ouvrait sur la forêt environnante. Plusieurs meubles, tous fait de bois, aménageaient la pièce. Elle posa son bâton et son arc, armes dont elle ne se séparait plus, sur l’un d’entre eux (le lit, dont elle ignorait l’utilité). Le soleil se coucha peu après. Sachant ne rien craindre en cet endroit puisque, pensait elle, aucun animal féroce ne viendrait ici, elle s’endormit plus tôt, et peut-être d’un sommeil plus lourd qu’à son habitude, sur le sol de la pièce.
Par chance pour ce qui suivra, elle se réveilla à l’aube le lendemain, avant que l’astre radieux ne reconquisse le ciel de ses puissants rayons. En effet son réveil lui donna lieu à une désagréable surprise : peu après s’être relevée, elle s’aperçut que ses armes avaient disparues. Au même moment, elle se rendit compte que la bourse de feuilles qu’elle s’était fabriquée ne pesait plu à son côté. Baissant les yeux, elle vit qu’on lui avait tout volé. Il ne lui restait plus rien, ni armes, ni argent, ni vêtements. Elle se sentit de nouveau honteuse, mais encore plus que lorsqu’elle était encore cachée derrière les buissons. En plus d’avoir honte de son état, elle avait honte de n’e pas avoir ressenti la présence du voleur pendant qu’il commettait son délit. Incapable de rester dans cette pièce plus longtemps, elle sauta par la fenêtre, seule moyen de sortir sans être vue. Il n’y avait encore personne dehors à cette heure si matinale. Son atterrissage fut brutal, et elle roula à terre, mais se releva bien vite pour poursuivre sa course vers la forêt. Pour elle, son "épreuve d‘intégration" était un échec désastreux, et une pensée l’obséda tout au long de sa fuite : « Peut-être ont-ils raison ? Peut-être suis-je un monstre ? »
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Noctatrix
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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Sam 18 Avr - 8:37

Chapitre III

Depuis son retour, la forêt ne lui paraissait plus aussi sûre qu’avant. Après avoir reconstruit ce qu’elle avait perdu, elle s’enfonça dans des zones de la forêt qu’elle ne connaissait pas, s’enfonçant toujours plus loin. Bien qu’elle se fut éloignée du village, il n’était pas rare qu’elle rencontre d’autres elfes qui ne se gênaient pas, en la voyant, pour l’injurier de nouveau, et elle appris bientôt à se cacher à chaque fois qu’elle en croisait un. Son escapade dans cette forêt la fit combattre plus souvent que jamais et ses heures de sommeils étaient régulièrement écourtées par des fauves affamés, qui même de leur démarche la plus silencieuse parvenaient à la réveiller. Elle restait toujours sur ses gardes, autant pour se protéger que pour se rassurer.

Souvent, lorsqu’elle ne savait plus par où aller, elle coursait un daim, jusqu’à en être essoufflée. Ces courses lui furent bénéfiques, car elle réussit après de nombreux essai à rattraper ses proies. Alors, elle le déstabiliser et le faisait tomber en douceur, puis s’agenouillait face à lui et le contemplait. Celui-ci ne cherchait plus à fuir, il se sentait pris, et ne bougeait plus. La jeune elfe pouvait lire la peur dans ses yeux, et à chaque fois, se demandait si elle pouvait éviter de tuer ces sublimes animaux. Une fois celui-ci reposé, elle le lâchait et s’écartait. L’animal, pensant à un relâchement de la part de son poursuivant se relevait et s’éloignait à toute vitesse, mais cette fois ci n’était plus suivi. Ainsi voyageait-elle au travers de cette immense forêt.

Un jour, cependant, le hasard la guida mal. Elle rencontra en effet un ours gigantesque qui même sur ses quatre pattes était plus grand qu’elle. Il lui barrait le passage qu’elle voulait emprunter pour s’éloigner d’un elfe dont elle ressentait la présence. Elle n’osait pas faire demi-tour, mais en même temps craignait un affrontement avec une si grosse bête. Préférant la mort (assez méconnue d’elle) aux injures perpétuelles, elle se prépara à l’affrontement.

L’ours se tourna vers elle et, l’apercevant, se dressa sur ses pattes de derrière, les griffes de ses pattes avant arrivant plus haut que la tête de l’elfe. Mais elle ne perdit pas courage pour autant : rapidement et agilement, elle sauta et frappa avec son bâton la tête de l’ours de toutes ses forces. Ce dernier, déstabilisé, retomba à quatre pattes sur le sol et s’approcha de la jeune fille, donnant plusieurs coups de griffe qu’elle évitait avec peine. Elle saignait déjà. N’abandonnant pas pour autant, elle frappa de nouveau en visant encore la tête. Un craquement sonore retentit. L’ours fut sonné de nouveau, mais le bâton dont elle se servait de toute sa longueur pour rester hors de portée des griffes meurtrières s’était rompu. L’animal avança de nouveau. Elle ne gardait plus en main qu’une partie de son bâton. A plusieurs reprises elle tenta de se rapprocher, mais à chaque fois les griffes la mutilaient et elle reculait de nouveau. Elle sentit son énergie disparaître alors que celle de l’ours semblait croître. De nouveau, il se leva de toute sa hauteur. C’est alors qu’elle vit le point faible qu’elle pouvait utiliser pour gagner son combat. Sans hésiter plus longtemps, elle s’avança sous les griffes avant que l’ours ne pouvait aisément déplacer dans sa position. Mais l’animal, conscient du danger, se déséquilibrer déjà pour retomber à terre. Heureusement la rapidité de l’elfe lui permit d’enfoncer son bâton (taillé en pointe lors de sa rupture), et de faire un pas de côté pour éviter la masse de la bête qui retombait. Elle n’avait pas eu assez de force pour enfoncer son bâton assez profond afin de toucher un organe vital, mais l’animal ressentant la douleur qui résultait de sa plaie ne réussit pas à reposer ses pattes avant. Il tomba sur le ventre, et ce fut cela qui enfonça le bâton plus profondément. Dans un dernier râle, il mourut près de l’elfe tombée à genoux, épuisée.

Il lui fallut plusieurs secondes pour se souvenir de la raison qui l’avait poussé à combattre et seul un bruit provenant de là où elle venait la remit sur pieds. Malgré son épuisement, elle se força à courir le plus longtemps possible et ne pu s’arrêter avant d’avoir mis une assez grande distance entre elle et l’ours, près duquel se trouvait probablement l’elfe dont elle avait ressenti la présence. Elle ne réussit pas à rester assez longtemps debout pour se retrouver un bâton propre au combat, et glissant le long de l’arbre sur lequel elle s’était appuyée à la fin de sa course, elle tomba endormie et ne se réveilla pas avant plusieurs heures.

Pendant ce temps, dans la taverne de la ville proche, un voyageur, entouré d’une foule d’elfes étonnés, clamait la mort de l’ours qui terrifiait toute la forêt. Mais bien vite, les elfes s’écartèrent lorsqu’il fit le portrait de la jeune héroïne qu’il avait vu combattre et accomplir cet exploit. Cependant, l’un d’entre eux qui était jusqu’alors restait en retrait demanda plus de précisions au voyageur, notamment sur le lieu où il avait vu se dérouler cette scène. Etait-ce du scepticisme ou de la curiosité ? Nul ne le sait. Toutefois, après avoir attentivement écouté les réponses du voyageur, il sortit de la taverne.

La jeune elfe se réveilla enfin, adossée à l’arbre. En voulant se relever, elle sentit de multiples douleurs et ce n’est qu’en voyant le sang séché sur elle qu’elle décida de quitter cet endroit. Mais elle ne pouvait s’éloigner sans arme pour se défendre. Elle put trouver une branche au sol, pas aussi grande que celle qu’elle avait brisée, mais au moins elle était solide. A peine l’avait elle amassée qu’elle crut entendre une bête s’approcher. Dans l’espoir de trouver de la nourriture, elle se cacha hâtivement dans un arbuste proche et attendit en silence.

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Noctatrix
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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Mer 22 Avr - 7:53

Chapitre IV

La bête ne semblait pas hésiter, et ses pas réguliers ne paraissaient pas changer de direction. Bientôt elle serait là, bientôt elle apparaitrait dans la vision de la jeune elfe. Encore trois pas… encore deux… plus qu’un pas… Au moment où elle l’aperçut, l’enfant fut tétanisée, et même effrayée.

Ce n’était pas une bête qui se tenait devant elle, mais un elfe ! et celui-ci s’avançait vers l’arbre où elle s’était assoupie. Arrivé devant celui-ci, il s’agenouilla et examina le sol. La jeune elfe se sentait alors visible, et s’aperçut que sa cachette n’était pas infaillible, pour une bête, la cachette était suffisante, mais savait qu’un elfe n’aurait aucun mal à l’apercevoir. Sachant qu’une fuite l’aurait démasquée, elle n’esquissa pas le moindre geste. Elle ne quitta pas des yeux l’elfe qui regarda sur sa droite puis sur sa gauche. La cherchait il des yeux ? Elle n’avait jamais vu un elfe si déterminé à la trouver. Mais peut-être n’était-ce pas elle qu’il cherchait ? Elle trouvait ses battements de cœur trop bruyants, et craignait qu’il ne les entende. Celui se releva, elle coupa sa respiration. Elle le vit alors s’éloigner dans la direction opposée en contournant l’arbre, et disparaître rapidement de sa vision. Elle n’entendait plus le bruit de ses pas. Elle se croyait de nouveau seule, et s’apprêtait à sortir de son abri, lorsqu’elle senti un poids se poser sur son épaule.

Tournant vivement la tête, elle vit qu’il s’agissait d’une main, la main de l’elfe qu’elle venait de quitter des yeux. Cherchant à se défendre, elle sorti son bâton en se retournant pour lui faire face. D’un geste précis, ce dernier lui arracha le bâton des mains et le rejeta un peu plus loin, derrière lui. Elle voulut alors le frapper à mains nues, mais il attrapa ses poignets et les maintint fermement. Elle ne pouvait plus attaquer, mais ne voulait pas s’avouer vaincue. Bien que ses anciennes blessures la meurtrissait, elle se contorsionna pour faire lâcher les mains de fer qui la tenaient. N’arrivant à rien, mais n’abandonnant pas pour autant et se contorsionnant toujours, elle finit par laisser s’échapper ces mots : « Lâchez moi ! Lâchez moi ! ». Mais l’elfe ne la tint toujours. Cependant elle l’entendit parler : « Ainsi donc voici la jeune héroïne dont tout le monde parle ? ».

Surprise de ces paroles, elle s’immobilisa et leva son regard. Pourquoi lu parlait-il d’une voix si douce ? En voyant son visage, elle commença par apercevoir un sourire sur les lèvres de cet elfe, mais un sourire différent de ceux qu’elle apercevait d’habitude. Elle croisa alors son regard. Il n’avait rien de malveillant, il paraissait plutôt surpris. Malgré tout, voyant qu’elle l’observait, il baissa ses yeux jusqu’à regarder ses pieds, puis replongea son regards dans les yeux ébahis qui l’observait.

La jeune elfe eut alors une idée. Afin de déstabiliser son adversaire et retrouver sa liberté, elle leva sa jambe et frappa sur le pied de l’elfe. Instantanément, celui-ci lâcha prise et elle put se reculer, pensant par cet acte éviter des représailles qui ne vinrent pourtant pas. Après s’être suffisamment éloignée, elle observa de nouveau l’elfe qui se tenait devant elle. Malgré son éloignement, elle devait toujours levait la tête pour pouvoir regarder son visage. Il n’avait pas bougé, son sourire étirait toujours ses minces lèvres. Elle n’osait pas attaquer de nouveau. Sortir son arc eut été trop long, et il aurait eu le temps de la rejoindre avant même qu’elle eut préparé sa première flèche. Quant à se battre de nouveau à mains nues, elle savait que ce serait un combat perdu d’avance.

Toujours effrayée par cet elfe si différent de ceux qu’elle avait rencontré jusqu’alors, elle se recula lorsqu’il se baissa et qu’il déposa au sol son arc et son épée. Alors, l’elfe fit un pas vers elle. La jeune elfe prit peur, et courut le plus loin possible de cet être… Malgré sa vitesse, elle fut rapidement rattrapée et même dépassée par lui qui se plaça devant elle. Elle dut s’arrêter face à lui. L’elfe alors, s’inclina devant elle, en murmurant ces paroles, comme une prière : « Non, ne pars pas, je ne te veux aucun mal. » Pour prouver ces dires, il s’éloigna ensuite d’elle pour aller s’asseoir contre un arbre, d’où il la contempla. Elle ne le quitta pas des yeux, trouvant des plus étranges son comportement vis-à-vis d’elle. Elle n’avait jamais vu d’elfe s’incliner, mais elle comprenait que c’était la une marque de respect. Mais quel respect méritait-elle ? N’était elle pas un monstre pour ses semblables ?

Apercevant sur sa droite un peu plus loin son bâton, elle se décida à aller le récupérer avant de quitter cet endroit. Décrivant un large arc de cercle autour de l’elfe, elle s’en approcha et se baissait pour le prendre. Les deux elfes s’observait silencieusement, jusqu’à ce qu’il lui demande quel était son nom. Elle interrompit momentanément son geste et l’e regarda avec attention. Elle resta silencieuse. Se moquait-il d’elle ? Décidant d’ignorer sa demande, elle récupéra son bâton, et se releva.

Un éclat lumineux attira alors son regard. L’épée de l’elfe brillait à quelques mètres. Il ne bougeait pas. Elle s’approcha de cet objet qu’elle n’avait jamais vu, gardant son bâton à la main, prête à prendre la fuite au moindre geste de son observateur. Ainsi sur ses gardes, elle arriva à côté des armes. L’arc paraissait solide, et elle savait qu’elle n’avait sûrement pas assez de force pour le tendre. D’ailleurs plus grand qu’elle, elle aurait eu du mal à s’en servir. L’objet brillant à côté attira son regard. En regardant bien, elle y vit son reflet. Rangeant son bâton après un dernier coup d’œil à l’elfe toujours assis, elle empoigna à deux mains le manche de l’épée et la souleva. Elle ne réussit pas cependant à la soutenir longtemps, et l’épée retoucha bientôt le sol. Une voix résonna alors près d’elle : « Elle te plaît ? ». L’elfe s’était rapproché. Elle voulu fuir, mais ne voulait pas abandonner là ce trésor. Laissant sa main droite sur le manche, elle entreprit de prendre un meilleur point d’appui en passant sa main gauche de l’autre côté de la garde. Son nouvel effort pour soulever l’épée fut moins rude, mais sa main gauche semblait s’être blessée. Incapable de la conserver, elle lâcha l’épée qui en tombant, se ficha dans la terre meuble.

En voyant sa main rouge de sang, elle chercha des yeux et de sa main valide un morceau de tissus dans une de ses bourses de feuilles, et tomba à genoux. Elle avait laissé sa main gauche éloignée de son corps, mais la ramena bien vite contre sa poitrine lorsqu’elle sentit quelque chose lui effleurer les doigts. Tournant les yeux vers sa main blessée, elle s’aperçut que celle-ci avait été bandée, et vit alors que l’elfe se tenait aussi à genoux devant elle. Il tendit la main vers elle. Elle ferma les yeux, se demandant ce qui allait se produire. L’elfe replaça seulement une mèche de ses cheveux derrière ses oreilles encore courtes. Elle se laissa faire, et après qu’il eut fini son geste, elle rouvrit les yeux et les tourna vers son visage. Son expression avait changée. Il paraissait plus triste, et couvait de ses yeux l’enfant qui se trouvait devant lui, comma s’il s’agissait d’un trésor inestimable.

Sans un mot, conduite par son instinct, elle se leva, se blottit contre sa poitrine, et enserra du mieux qu’elle put celui qui, pour elle, devenait le père qu’elle n’avait jamais eu. Bien qu’il fut à genoux, elle ne dépassait pas son épaule, et lorsqu’il l’étreignit à son tour, elle ne voyait plus rien. Cependant, ses yeux se fermèrent bien avant. Elle ne voulait pour rien au monde quittait sa chaleur qui réchauffait son cœur et elle…

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Noctatrix
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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Lun 27 Avr - 8:29

Chapitre V

Il ne s’en rendit pas compte, mais elle pleurait contre lui. Elle revivait son passé et les évènements douloureux qui en faisait partie. Elle se demandait si en étant moins seule elle aurait été plus heureuse. En même temps, elle s’interrogeait pour savoir si l’elfe contre lequel elle se tenait n’était pas en ce moment en train de rire de son comportement. Peut-être n’avait-il jamais eu l’intention de l’aider ? Malgré les nombreux doutes qui pesaient dans son esprit, elle ne voulait pas les vérifier et n’aspirait qu’à croire en lui, et se laisser emporter, confiante, par sa générosité.

Lui aussi, lors de cette étreinte repensait à son passé. Jamais il n’avait eu à affronter, dans sa jeunesse, de si dures épreuves, et il était sûr qu’il aurait été incapable de les surmonter. En même temps, il observait la crinière de cheveux de la jeune elfe. Ils étaient si ressemblant… Et si… Non, ce n’était pas possible… Pourtant… Il se demandait alors comment il était possible d’abandonner son enfant, alors que lui-même avait toujours désiré en avoir. D’ailleurs, si cela avait été vrai, s’il avait eu une enfant, il aurait été extrêmement fier si ce fut cette jeune elfe sa fille.

Lorsqu’il relâcha son étreinte, elle recula, et lui demanda en s’essuyant les yeux :
« – Quel… Quel est votre nom ?
– Je suis Dwairn Lyndahl, lui répondit-il, maitre des chasseurs de cette région [Féralas], et le tien si tu l’acceptes.
– Mon…Mon maître ? Vous…m’enseigneriez ?
– Bien sûr. Tout ce que j’ai appris, je te le transmettrai. »
La tristesse laissa place à la reconnaissance sur le visage de la jeune elfe, et son acquiescement fut des plus joyeux. L’elfe eut encore l’impression de la reconnaître comme quelqu’un d’autre. Il comparait en pensée le visage qu’il avait sous les yeux avec celui de ses souvenirs. Il s’aperçut bien vite que mis à part les différences d’âges, leurs visages étaient les mêmes.

Il se coucha, regarda la jeune elfe et la pria de venir :
« Viens donc te coucher, tu as besoin de repos, » dit-il en montrant de sa main une place près de lui, puis les blessures de l’enfant dont certaines saignaient à nouveau.

Elle vint s’installer près de lui mais ne se coucha pas. Il fallait bien que quelqu’un monte la garde. Mais l’elfe, tendant un bras vers elle la coucha contre lui en la rassurant. Elle se laissa faire, telle une marionnette, sachant que l’elfe ne lui voulait aucun mal. Se tenant couché sur le dos, il la coucha de côté, en plaçant la tête de la jeune elfe sur son épaule musclée. Il posa alors sa main libre sur celle plus fine de l’enfant, qu’elle avait posé sur lui. Elle le regardait pendant qu’il lui caressait de nouveau les cheveux. Ces caresse répétées l’apaisait, et bientôt, ses paupières s’alourdir, elle se laissa emporter et s’endormit bientôt. L’elfe lors de ces caresses, interrompait parfois son geste pour retirer l’une des nombreuses brindilles emmêlées dans sa chevelure aux teints bleu-vert.

Lorsqu’ils étaient démêlés, ses cheveux étaient lisses et lui tombait déjà jusqu’au dessous de ses épaules. En les regardant attentivement, on avait l’impression qu’ils étaient organisés en mèches de différentes teintes, mais ce n’était en fait dû qu’aux reflets de la lumière. Lorsque l’elfe reposa son regard sur son visage, il s’aperçu qu’elle dormait. Il observa un dernier moment le corps de la jeune elfe sur lequel apparaissaient de nombreuses cicatrices, certaines refermées, d’autres encore ouvertes. Puis il ferma les yeux à son tour et s’endormit.

Le lendemain la jeune elfe fut la première à se réveiller. Elle n’osa pas tout de suite ouvrir les yeux. Et si tout cela n’avait été qu’un rêve ? Mais elle entendait une respiration lente à côté d’elle, et sous ses doigts, un corps se gonflait et se vidait à un rythme régulier. Enfin, elle se décida à ouvrir les yeux. Sa première vision fut remplie de fil bleus : des cheveux lui tombaient devant son visage. En les écartant, elle senti pendant ce mouvement que quelque chose s’appuyait sur son épaule. C’était l’une des mains de son maître. Elle ne voulu pas bouger davantage pour ne pas le réveiller, et silencieusement elle l’observait.

Ses cheveux grisés étaient tirés en arrière. Ses yeux clos étaient entourés de cernes. Il avait perdu son sourire dans le sommeil et pourtant il gardait son impression de force de puissance. Il paraissait même un peu sévère. Les vêtements sur lesquels elle s’attarda ensuite étonnaient la jeune élève. Ils étaient plus rigides que ceux qu’elle avait déjà vus et paraissaient composés de plusieurs plaques du même matériau reliées entre elles. Lorsque baissa encore son regard et qu’elle aperçu l’épée, elle senti l’impatience la gagner. Avec de multiples précautions, elle finit par se lever. Mais à peine avait-elle fait un pas qu’une voix l’appela :
« Tu t’en vas ? »

En se retournant, elle vit que son maître se levait. Il l’informa alors qu’il voulait passer au village avant de commencer les entraînements. Comme elle refusait catégoriquement de l’accompagner, il dut se résigner à y aller seul. La jeune elfe, une sourde colère l’agitant toujours depuis qu’il avait insisté pour l’emmener, le suivit tout de même et s’arrêta près d’un arbuste d’où elle pouvait voir sans être vue.

A l’arrivée de l’elfe au village, elle fut surprise de la réaction des habitants. Ils s’inclinaient devant lui dès qu’il approchait d’eux. Elle trouva étrange ce comportement jusqu’à ce qu’une lumière se face en elle. Et s’il était un Dieu ? Cela expliquerai tout : Ses connaissances, sa force, sa gentillesse, ses vêtements si différents, et même ses révérences ! Et ce dieu était venu pour elle, pour l’aider, pour lui apprendre à combattre !


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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Mar 5 Mai - 10:01

Chapitre VI

Il revint bientôt du village. Lorsqu’il fut de nouveau sous le couvert des arbres la jeune elfe le suivit. Elle admirait comme elle pensait devoir admirer un dieu. Mais elle fut brusquement ramenée à la réalité. Ils s’étaient arrêtés dans une petite clairière. Son maître venait de s’arrêter, et sans la regarder lui demanda :
« J’ai entendu les villageois parler d’un monstre. Tu ne l’aurais pas croisé dans la forêt ? »

Il tourna la tête juste à temps pour la voir disparaître en courant. Elle allait droit devant elle, indifférente aux épines qui la lacéraient et aux larmes qui troublait sa vue. « Un dieu ! pensait-elle, non, ce n’est qu’un elfe ! Et comme tous ses confrères son seul désir est de me faire souffrir ! ». Etrangement, sa colère ne provoquait que tristesse. Son cœur semblait être transpercé par chacun de ses accès de fureur. Elle finit par s’arrêter, et tomba à genoux.

Elle ne pouvait dire si sa souffrance morale était plus forte que sa souffrance physique, mais le sang qui s’échappait de chacune de ses plaies rendait plus insupportable encore ces traits qui transperçait sans cesse son cœur. Elle perdit sa lucidité, et seules la colère, la souffrance et la tristesse occupaient ses pensées. Plus le temps passait et plus ces sentiments s’accentuaient. Des vertiges la prirent. Elle dut s’appuyer sur ses mains pour ne pas tomber. Ses yeux paraissait s’être fixés sur le visage de l’elfe, ses oreilles bourdonnaient, entendant de nouveau les premières injures qui lui furent lancées. Elle voulait crier, mais ses lèvres n’obéissaient plus. Elle sentait le sol s’effondrer sous elle. Tout ce qui paraissait réel dorénavant c’était sa colère, sa souffrance et sa tristesse. Aucun des ces sentiments ne semblait avoir le dessus, et faute de n’avoir que le plus fort sentiment à ressentir, les trois s’accumulaient dans sa tête sans vouloir disparaître…

Mais elle ne s’était pas arrêté à l’endroit le plus propice à la solitude. Un tigre vivait non loin, et s’approcha d’elle lorsqu’il la vit. Elle semblait inerte de loin, appuyé sur ses quatre membres, la tête baissée. Cependant, de près on voyait qu’elle tremblait. Le tigre n’hésita pas un instant. Il bondit et mordit le flanc de la jeune elfe qui poussa alors un cri déchirant avant de s’effondrer. Le félin, qui avait prévu une plus grande résistance de la part de sa proie fut emporté par son élan et roula un peu plus loin en mutilant le flanc de sa victime auquel il s’était accroché par sa morsure.

Il se releva, le sang chaud qu’il avait déjà goûté lui avait mis l’eau à la bouche et il avait hâte de pouvoir mordre dans cette chair fraîche. Elle était toujours à terre, tombée sur le dos. Elle ne bougeait plus, son flanc ouvert saignant entre les lambeaux de chair déchirés. Etait-ce par prudence, ou était-ce par convoitise que le félin avançait si lentement ? Les grognements ponctuaient ses pas et il arriva bientôt devant le corps inanimé. D’un coup de griffe il s’assura que sa proie était morte. Il s’apprêtait à arracher la viande, mais son instinct l’arrêta. Quelque chose de dangereux approchait. Il mordit alors la jambe de sa victime et, de toutes ses forces, tira pour déplacer ce qui deviendrait son garde-manger pendant quelques jours. Il vit alors le danger qui le menaçait. Un elfe apparut de derrière un arbre. Il aperçut le tigre qui redoublait d’ardeur pour traîner sa victime hors de portée, mais ce combat était perdu d’avance. Lorsque le félin jugea le danger trop proche, il se décida à attaquer. Il sauta au dessus du corps sans vie et bondit sur l’elfe. D’un geste celui-ci l’écarta, et le laissa retomber plus loin pendant qu’il s’approchait de la jeune elfe.

Il s’agenouilla devant son cadavre. Une larme coula sur sa joue. Il approcha sa main, puis interrompit son geste. « Non, ça ne peut pas recommencer… ». Le tigre s’était relevé et, ne voulant pas abandonner le fruit de sa chasse, attaqua de nouveau. L’elfe se retourna à temps, il sortit son épée, transperça le fauve et jeta sa carcasse au loin. Il fit de nouveau face à son élève. Elle aurait pu paraître endormie si on ne regardait pas ses blessures sanglantes. Tout était de sa faute. S’il avait été plus prudent, il ne l’aurait jamais fait fuir, et peut-être aurait-elle pu se défendre. Elle avait déjà affronté d’autres tigres, c’était à cause de lui si elle n’avait pas esquivé cette attaque. Un soupir s’échappa des lèvres de l’enfant. Peu après, elle ouvrit lentement les yeux. L’elfe la regarda, surpris et joyeux à la fois. Elle n’était pas morte !

Elle regardait autour d’elle. Qu’est-ce qui l’avait attaquée ? Son regard tomba sur son maître. Elle voulut se relever, mais ne parvint qu’à se mettre assise, et, douloureusement, se traîna loin de lui. Elle baissa ensuite son regard sur ses blessures. Ce qu’elle vit la rassura un peu, ce n’était pas une blessure qu’il aurait pu lui faire. Elle releva les yeux une tâche sombre attira son regard. Un tigre ? Mais alors, pourquoi n’était-elle pas morte ? Son regard s’attarda de nouveau sur l’elfe. Il était toujours à genoux, au même endroit, la tête tournée vers elle. Serait-il donc son sauveur ? Avant même d’avoir pu comprendre ce qui s’était réellement passé, il baissa la tête et elle l’entendit lui dire :
« Je te prie de m’excuser, je ne voulais pas te faire de mal. »

Lorsqu’il la regarda de nouveau, elle baissait la tête. La main sur laquelle elle s’appuyait céda. Elle était à bout de force. Il accourut près d’elle. Elle ne put rester assez longtemps consciente que pour murmurer un faible « merci ».

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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Sam 9 Mai - 22:30

Chapitre VII

Lorsqu’elle se réveilla, elle se sentit beaucoup mieux. Elle n’était plus fatiguée et aurait aimé se lever, mais auparavant, elle aperçut son maître près d’elle. Il paraissait ne pas avoir dormi depuis plusieurs jours, cependant son visage devint joyeux en voyant ses yeux tournés vers lui. Elle se redressa. Sa blessure avait été pansée, et les douleurs qui en provenaient n’étaient plus aussi terribles qu’avant. La plupart de ses autres plaies avaient disparues, et même les nombreuses cicatrices, qui autrefois n’étaient pas guérie avant d’avoir été remplacées, ne peuplaient plus son corps. En outre, elle vit que sa jambe blessée avait été immobilisée entre deux solides bâtons. Elle senti sa faim lorsque l’elfe lui présenta un quartier de viande qu’elle mangea avidement.

L’elfe ne l’avait pas quitté depuis son évanouissement, et il avait passé ses journées et ses nuits à la guérir. Il n’avait pas réussi à dormir, craignant à tout instant que le faible souffle qu’il entendait fut son dernier. Plus les jours passaient, plus il avait craint pour la vie de sa jeune élève. Chaque fois qu’il revoyait sa blessure, lorsqu’il changeait ses bandages, il se demandait comment l’elfe avait pu rester vivante. Il continua ses soins après le réveil de la jeune elfe. Grâce à lui, elle put rapidement se remettre sur pieds.

L’entraînement pouvait enfin commencer. Aucun d’eux n’avait parlé jusqu’alors. L’elfe ne voulait pas troubler de nouveau son élève. Elle se taisait, sa langue commençait à lui faire peur car elle lui rappelait les paroles qu’elle avait entendues. Ainsi, les entraînements n’étaient ponctués que par les heurts de bâton avec lesquels il avait commencés à s’entraîner. Il s’avéra que la jeune elfe attaquait habilement avec cette arme, mais n’était guère habituée à en parer les coups. Parfois, par réflexe sûrement, elle plaçait son bâton dans la trajectoire de celui de son adversaire, mais au dernier moment, son geste s’interrompait, et une grimace fendait momentanément son visage, s’étirant encore lorsque le coup la touchait.

Au bout de quelques mois, ces grimaces disparurent et quelques années plus tard, elle se défendait parfaitement contre son adversaire. Il lui apprit aussi à reconnaître les plantes comestibles (nourriture qu’elle préféra rapidement à la viande), et à mieux tenir son arc (c’était la seule chose qu’il eut à lui apprendre sur le maniement de cette arme).

L’entraînement commença alors à être plus complexe car son maître lui apprenait maintenant contrôler la magie qui l’habitait. La jeune elfe ne s’en sortit pas trop mal, et maîtrisai déjà assez bien sa magie à la fin de ses premières séances. Trouvant ses performances assez médiocres, elle décida de continuer à s’entraîner lorsque son maître lui apprit qu’il devait aller au village.

Il revint bientôt et elle n’eut guère le temps de perfectionner les techniques apprises. Il portait sous le bras un paquet grossièrement emballé. Cependant il paraissait désespéré, comme si quelque chose le contrariait. Une lettre dépassait de son autre main, mais lorsqu’il vit le regard de son élève tourné vers lui, il changea d’attitude et afficha un sourire tandis qu’il rangeait hâtivement la lettre dans l’une de ses bourses. Il lui tendit le paquet. Ce fut elle qui rompit le silence qui durait entre eux depuis trop longtemps :
« – Qu’est-ce que c’est ?
– Un cadeau pour toi. J’espère que ces vêtements t’iront.
– Des vêtements ? »

Elle ouvrit le paquet et en sortit ce qui s’y trouvait. Ces vêtements étaient plus rigides que son habit ordinaire et n’étant pas habituée aux vêtements elfiques, elle dut être aidée pour pouvoir l’enfiler. Elle pensait que la rigidité de cette armure gênerai ces mouvements mais finalement on ne la sentait presque pas et ses gestes étaient libre de toute gêne. Avec cette armure, elle poursuivit son entraînement, mais les pensées de son maître semblaient être lointaines. Son regard était toujours rempli de tristesse, et parfois avant de s’endormir, elle l’entendait soupirer. Ce qui le rendait si triste, elle le sut bientôt. Ce fut au cours de sa cent-vingt-et-unième année, après avoir bien grandie, qu’il se décida à dévoiler son secret :
« – Je vais devoir partir.
– Partir ?
– J’ai un devoir à accomplir loin d’ici.
– Je viendrai avec vous !
– Non ! Tu ne peux pas.
– Mais…
– Tu resteras ici, tu seras plus en sûreté. »

Elle n’osa pas insister. Elle se coucha contre lui, comma a son habitude, mais son sommeil se peupla de cauchemars.
Elle se voyait marchant seule au milieu d’une sombre forêt. Des paires d’yeux brillants l’observaient. Elle devait avancer, quelque chose l’attirait en avant. Alors elle apercevait un cadavre, un cadavre qu’elle reconnut malgré les nombreuses blessures qui lui avaient été infligées. Elle s’en approchait, pleurait sur ce corps sans vie, mais rien ne venait la rassurait. Les paires d’yeux brillants se présentèrent alors comme des elfes. Ils riaient d’elle, ils la calomnièrent, certains lui lancèrent des pierres, bien vite imités par d’autres. Elle ne pouvait pourtant pas abandonner là ce corps, mais les pierres la torturaient. Ce fut bientôt une vraie pluie de pierre qu’envoyaient les elfes déchaînés. Le seul salut pour la jeune elfe était la fuite, et sans même pouvoir jeter un regard en arrière, elle courait le plus loin possible. Mais alors, les elfes se rapprochaient et l’entouraient, chacun une arme à la main. Elle cherchait de la main son bâton mais ces doigts ne touchaient rien. Le corps avait disparu et elle se retrouvait alors face à ces elfes, encerclée. Elle était sans arme et ne pouvait plus fuir. Ils approchaient de plus en plus. Plus la distance qui les séparait d’elle était courte, plus sa frayeur grandissait…

Alors, elle se réveilla, le souffle court. En regardant autour d’elle, elle reconnut la clairière, et se rassura peu à peu. Machinalement, elle tourna la tête pour voir si son maître n’était pas devenu cadavre comme dans son rêve… Mais il n’y avait plus personne à côté d’elle, elle n’y trouva qu’un arc. Il était parti pendant son sommeil. Il avait voulu éviter des adieux qui n’auraient fait que l’attrister davantage. Elle le comprit, mais malgré tout, elle déplorait sa nouvelle solitude. Elle ne gardait de lui que son armure et l’arc qu’il avait posé, lors de son départ, à la place ou il s’était couché.
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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Dim 17 Mai - 10:34

Chapitre VIII


Cette solitude lui a tout d’abord été difficile à vivre. Auparavant habituée à se sentir soutenue, protégée, elle sentit de nouveau le poids de sa survie sur ses épaules. D’ailleurs ses pensées toujours tournées vers la gentillesse dont l’elfe avait fait preuve envers elle, la rendirent moins méfiantes envers ses congénères qu’elle n’avait pas revus depuis de nombreuses années.

C’est pourquoi lorsqu’elle traversa d’un pas lent la forêt, elle ne chercha à se cacher en voyant un elfe sur sa droite. Elle parut même ralentir légèrement. Peut-être espérait-elle être vue et rencontrer un nouveau maître ? Comme elle s’y attendait, l’elfe l’aperçut. Il s’approcha lentement d’elle. Elle s’arrêta. Il la rassurait et ponctuait chacun de ses pas en lui disant qu’il ne lui voulait aucun mal. Il arriva bientôt face à elle, mais il ne fit pas preuve de la tendresse qu’elle prévoyait. Au lieu d’une caresse, ce fut un coup qu’elle reçut et qui la précipita à terre. De nombreux autres suivirent. Ses exclamations de douleurs couvrait le bruit des coups qu’elle recevait, mais elle ne se défendait pas, ni cherchait à se protéger. Pourquoi l’aurait-elle fait ? L’elfe n’avait-il pas dit qu’il ne lui voulait aucun mal ? Peut-être devait-il lui faire subir cette douleur pour lui en éviter d’autres ?

Lorsque les coups eurent cessés de pleuvoir et qu’elle rouvrit les yeux, l’elfe n’était plus là. Elle se releva difficilement, cherchant des yeux celui qu’elle prenait pour maître. Elle ne savait pas en quoi ces coups pouvaient lui faire du bien, mais ne voulut pas contredire la façon d’enseigner de cet elfe. Mais cette scène se répéta plusieurs fois, chaque elfe prétendant ne pas lui faire de mal, mais la battait toujours sans ménagement. Ce comportement la troublait et bientôt elle se demanda si vraiment ils ne lui voulaient aucun mal. Ce fut seulement après avoir été maltraitée une quatrième fois que le doute la submergea. Cette fois là, elle ne réussit même pas à se relever et dû passer la nuit à cet endroit.

Le lendemain, alors qu’elle se remettait difficilement sur ces jambes, un cinquième elfe s’approchait. Mais cette fois-ci, même ses paroles ne la rassurèrent pas, et sortant son bâton, se décida à agir. Elle tenta de frapper l’elfe, mais ces douleurs dérivèrent son coup, et elle manqua sa cible. Celui-ci, furieux, la roua alors de coup d’une telle violence et d’une telle rapidité qu’avant même d’avoir touché le sol elle avait dû recevoir autant de coup que par ses précédents tortionnaires. Elle pensait ne pas s’en sortir tellement la douleur qu’elle ressentait était insupportable. Le gout du sang emplissait déjà sa bouche. Sa souffrance était si forte, qu’elle ne se rendit pas compte du départ de l’elfe, qui la laissait là à demi morte.

Malgré cela, elle savait qu’elle ne devait pas rester là jusqu’à ce qu’un autre elfe la trouve. Se traînant tant bien que mal, elle réussit à trouver refuge au pied d’un arbuste qui la cachait des regards. Pendant plusieurs jours, la souffrance fut insurmontable, ne la laissant ni dormir, ni bouger. Ce ne fut qu’au bout d’une semaine qu’elle réussit à discerner les tourments de la faim parmi ses maux. Elle ne pouvait cependant toujours pas se déplacer. Par chance, près d’elle, elle reconnut des quelques plantes comestibles. Peu à peu, elle put reprendre des forces. Elle n’avait eut, heureusement, aucune mauvaise rencontre pendant ces dures heures de faiblesses, et seuls les coups qu’elle avait reçus eurent à guérir. Lorsqu’elle put enfin se relever, elle s’éloigna le plus vite qu’elle put de ce lieu dangereux, en se jurant de ne plus jamais laisser un elfe s’approcher d’elle.

Elle reprit alors sa vie d’autrefois, fuyant ses semblables et ne cherchant qu’à survivre dans cette forêt. Elle ne pensait déjà plus à sa solitude, ses pensées ne se détournant pas. Malgré la violence de cette expérience, cela lui permis de lui apprendre le mensonge qui peut se cacher derrière n’importe quelle belle parole. Mais ces événements ne furent pas les seuls à prouver l’antipathie qu’elle inspirait aux elfes.

Alors qu’elle pistait une bête afin de s’exercer, elle eu de nouveau la preuve de la violence de ces congénères. Elle mit un genou à terre, et observa avec attention les empreintes. La bête ne devait plus être très loin. Alors qu’elle allait se relever, elle entendit un sifflement, suivi d’une douleur aigu à son bras droit et une force violente la projeta sur le sol. Elle placa aussitôt sa main gauche sur son bras blessé et senti un mince morceau de bois. Son regard suivit sa main et elle vit qu’une flèche était fichée dans son bras. Le sang coulait de sa plaie. Un bruit de branchages cassés attira son attention. Plus loin, sur sa droite, un elfe, arc à la main, s’éloignait d’elle en sautant au dessus des buissons qui se trouvaient sur son chemin.

La jeune fille n’eut pas le temps de laisser aller sa fureur contre lui, et tentait déjà de retirer la flèche qui la meurtrissait. Bien que celle-ci ne se fut pas enfoncée plus loin que l’os, la retirer fut une longue opération. Il s’agissait d’une flèche au bout de laquelle on avait rajouté une pointe triangulaire en métal, percée en de nombreux points sur ses arrêtes tranchantes. Retirer trop vite une telle flèche lui aurait arraché la chair et beaucoup de sang coula avant qu’elle ne puisse enfin bander sa plaie. Elle ramassa la flèche, et abandonnant sa traque, revint près du grand arbre au pied duquel elle dormait.

Cette fois ci, elle examina la flèche dont la pointe, encore ensanglantée, semblait refléter d’une lueur rouge. Certes, elle est un monstre, mais ne leur ressemblait-elle pas ? Mais ce fut cette ressemblance que ne tolérai pas. Il l’avait trop fait souffrir, et ne voulu plus considérer ces elfes comme ses semblables, comme ses frères de sang. Elle préférait rester seule à tout jamais plutôt que de pardonner les cruautés qu’ils lui avaient fait subir.
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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Lun 1 Juin - 10:56

Chapitre IX


Depuis qu’elle avait pris cette décision, son maître disparut de ses souvenirs, et elle ne s’entrainait pratiquement plus. Les seuls vrais exercices qu’elle faisait étaient d’éviter tout elfe qu’elle aurait pu croiser. Même si sa décision était de s’éloigner de tout ses semblables, elle déplorait souvent d’avoir du prendre cette décision. Malgré tout, la foret lui semblait toujours accueillante, et elle ne se lassait pas de la parcourir chaque jour. La faune commençait à ne plus avoir aucun secret pour elle jusqu’à ce qu’un évènement interpelle son attention.

Trois tigres au pelage flamboyant courait après un tigre dont la robe était dominait par la couleur noire. Alors que les poursuivants paraissaient hargneux, le poursuivi était plutôt effrayé. La jeune elfe fut prise de pitié. Ce tigre devait subir les mêmes calomnies qu’elle avait vécues, comment n’aurait-elle pas été touchée ? Sans même prévoir ses chances de survie, elle courut se placer entre poursuivants et poursuivi, et fit face aux tigres furieux. Deux d’entre eux s’arrêtèrent en la voyant. Le troisième allait poursuivre sa course, mais un violent coup de bâton sur le poitrail le fit reculer jusqu’à ses confrères. Ils rugirent alors contre elle. Elle était leur nouvelle cible.

Déjà, deux de ses assaillants semblaient vouloir l’encercler. Elle recula pour éviter ce piège, mais alors celui qui été resté face à elle bondit en avant. Elle ne put maintenir hors de portée que ses crocs redoutables pendant que ses griffes la meurtrissait en plusieurs endroits. Les deux autres attaquèrent en même temps. Elle réussit à se défier de celui de droite en se tournant rapidement lui, ce qui entraîna sur lui la chute du premier attaquant. Mais le troisième ne rata pas sa cible. La morsure qu’elle reçut alors dans son bras gauche lui fit venir les larmes aux yeux, et faire lâcher prise au félin augmenta sa douleur.

Ils étaient de nouveau trois face à elle, mais la jeune fille était blessée, alors qu’eux n’avait pas tellement souffert de la défense de l’elfe. Elle réussit à éviter le tigre qui lui bondit de nouveau dessus, mais pas celui qui le suivit. Elle tomba au sol. Heureusement, par une agile roulade, elle parvint à se remettre sur pied avant que les tigres ne l’aient à leur merci. Cette fois ci, ils s’approchèrent sans bondir, gueules ouvertes et griffes prêtes à servir. La jeune elfe savait alors que ce combat ne lui serait pas victorieux. De toute façon, se dit-elle, ces elfes ne désirent que ma mort, et pour moi, vivre sans eux serait une trop grande torture. Mais je ne mourrai pas sans combattre, et j’aiderai ce jeune tigre persécuté ! Elle se replongea alors dans le combat, ne cherchant plus qu’à blesser le plus possible, à défaut de tuer. Elle ne chercha alors plus à se défendre, mais à attaquer, infligeant des coups de bâton pour chaque blessure qu’elle recevait.

Elle ignorait alors que le tigre pourchassé s’était arrêté lorsqu’il n’aperçut plus ses poursuivants. Il entendait au loin leur rugissement et se demanda ce qui les avait arrêtés. Par curiosité, il fit demi-tour, et se rapprocha silencieusement des grognements. Une elfe se battait contre les trois tigres. Il savait qu’elle ne devait pas être une proie pour ses assaillants, car alors, ils n’auraient pas interrompu leur poursuite, et d’ailleurs, les grognements qu’il entendit prouvaient leur peur face à elle.

Mais il la voyait faiblir, ses coups paraissaient toujours plus lents, et il entendait moins de plaintes de ses semblables. Il se demandait pourquoi, si elle avait attaquée ses poursuivants, elle ne l’avait pas attaquée lui auparavant. Mais avant qu’il ait répondu à cette question, son instinct le poussa à l’aider. Il savait qu’une victoire au côté de cet allié inespéré était possible. Arrivé près du combat, il bondit sur l’un des tigres en poussant un long rugissement. Sa proie, surprise de ce renfort inattendu, s’écroula peu de temps après. L’elfe, qui fut elle aussi étonnée de l’arrivée du tigre, et le voyant terrasser l’un de ses ennemis, elle profita de cette occasion pour asséner un coup fatal à l’un de ses adversaires. Le dernier, se sentant en danger, préféra fuir, mais fut bientôt rattrapé par une flèche que lui lança la jeune fille et qui l’arrêta net dans son élan.

Elle tourna alors la tête vers le tigre, son sauveur. Lui aussi l’observait. Se rappelant avoir vu des tigres faire de même pour témoigner une marque de respect, elle prit un morceau de viande sur l’un des cadavres, le déposa face au tigre puis se recula. Si elle avait eu assez de force, elle serait restée debout pour attendre, mais ne le pouvant pas, elle se laissa tomber douloureusement à genoux. Elle se voyait couverte de griffures, mais ne pouvait pas bander autant de plaies. Elle pansa son bras, puis les plus profondes entailles, mais beaucoup de blessures saignaient encore à l’air libre. Chacun de ses bras était alors bandé, son bras droit, était déjà taché de sang : la blessure causée par la flèche n’était toujours pas refermée après les plusieurs mois qui s’étaient écoulés depuis ; son bras gauche, était à demi recouvert, à cause de la grosseur de la morsure qu’elle venait de recevoir.

Elle releva alors son regard. Le tigre, qui jusqu’alors ne l’avait pas quitté des yeux, s’avança vers la viande. Il la prit dans sa gueule et fixa de nouveau la créature qui se trouvait devant lui. Avec prudence, mais sans crainte de ce prédateur qui lui avait témoigné son respect, il s’approcha. Elle se demandait pourquoi il s’approchait ainsi, mais ne bougea pas, principalement pour ne pas l’effrayer. Il vint ainsi jusqu’à ses genoux. Il baissa ensuite la tête et déposa sur ses jambes la viande qu’elle lui avait auparavant laissée. Il la regarda. Elle tendit lentement sa main. Elle tremblait un peu sous les douleurs, mais ne paraissait pas apeurer le félin. Ses doigts caressèrent alors la tête du félin. Il émit un léger grognement et ferma les yeux. Puis il vint à son côté et lécha l’une de ses plaies.

Le soir tomba bientôt. Elle ne pouvait pas passer la nuit ici, et, après avoir tendrement caressé le félin, elle se releva. Le félin la comprit peut-être, car il sembla vouloir la conduire. Le sachant être un protecteur pour elle, elle le suivit. Il l’amena alors jusqu’à une grotte où il devait avoir l’habitude de passer la nuit. L’entrée n’était pas grande, mais l’intérieur était plutôt spacieux. La jeune elfe, extenuée, n’attendis pas une seconde pour se coucher contre le sol de pierre dure. Le tigre se blottit contre elle, face à l’entrée. L’un après l’autre ils s’endormirent, tout deux se remerciaient en pensée avant de sombrer dans le vaste monde du sommeil.

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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Dim 7 Juin - 21:06

Chapitre X


Cette amitié naissante entre ces deux être persécutés par leurs semblables les liaient tellement intimement que tout se comprenaient, même sans langage commun. Ils ne se quittaient plus, et à eux deux, ils se sentaient presque invincibles. Lorsqu’un tigre voulait attaquer son ami, la présence de l’elfe suffisait à le faire fuir. Malheureusement, ce ne pouvait en être pareil contre les elfes. Un tigre ne les aurait pas effrayés, alors que lui était apeuré de leur présence, malgré ses relations avec l’une d’entre eux. Il s’aperçut cependant qu’elle aussi se cachait de ses congénères. Parfois, il lisait dans ses yeux une puissante haine, mais le plus souvent, il s’agissait de tristesse. Cette peine, il ne la comprenait pas, et pensais que c’était de lui qu’elle provenait. Peut-être était-elle triste car il ne savait pas la protéger contre eux ? En réalité, elle était triste de ne pas pouvoir les côtoyer, elle se souvenait du mal qu’ils lui avaient fait, et cela la chagrinait de se sentir monstre.

Quelques fois, elle regardait les jeunes elfes et s’imaginaient à leur place. Le tigre, qui vivait alors pour deux, devait la ramener de plus en plus souvent à la réalité, lorsqu’elle s’oubliait après avoir perdu un elfe de vue. C’était principalement lui qui chassait pour elle, son instinct le guidant. Mais souvent, la nuit, lorsque sa jeune maîtresse s’était endormie les larmes aux yeux, lui aussi s’attristait de son état. Malgré tout les soins dont il pensait faire preuve, il se sentait inutile. Il ne voyait aucun moyen de la rendre plus heureuse. Bien sûr, lorsqu’il restait près d’elle, elle lui souriait, mais d’un sourire trop humide à son goût.

Pendant qu’elle dépérissait, son maître tant chéri refaisait son apparition. Lui avait hâte de revoir son élève, mais il eut du mal à la retrouver : aucun elfe ne disait avoir revu ni monstre, ni jeune elfe dans la forêt. Il craint le pire, et se mit lui-même à rechercher des traces de la jeune elfe. Il finit par arriver devant la grotte, d’où il entendit un grognement puis cru voir une tâche sombre y disparaître. Lorsqu’il entra, il découvrit ce qu’il cherchait, à quelques détails près. La jeune elfe avait grandi, mais paraissait toujours aussi fragile ; des larmes coulait encore sur ses joues, et son regard tourné vers lui ne paraissait plus affectueux. Derrière elle, un jeune tigre se cachait, et à ses pieds, des tissus blanc et rouge. Elle avait son bâton à la main, prête à se défendre, et même après avoir reconnu son maître, elle ne baissa pas sa garde.

L’elfe, s’agenouilla et s’inclina devant elle. Ce mouvement qu’elle avait peu connu, mais qu’elle savait respectueux la troubla. Elle hésitait. Etait-ce encore une ruse ? Pourtant cet elfe était le maître qu’elle avait tant aimé. Mais comment savoir s’il ne lui voulait pas de mal ? Devant l’elfe incliné, elle était indécise, mais, inconsciemment, desserrait sa prise sur son bâton. Celui-ci glissa de ses mains et finit par tomber au sol. Au même moment, elle choisit de faire confiance à cet être, se rassurant en pensant que son tigre pourrait toujours l’aider en cas de danger. L’elfe se releva lentement après avoir entendu le heurt du bâton, il observa son ancienne élève, et décida de l’inviter à s’avancer en écartant ses bras.

Elle avança doucement. Elle s’arrêta non loin de lui. Elle examina son visage… Elle reconnut le sourire qui l’avait si souvent accompagné, ces yeux qui paraissaient étinceler à chaque regard. Elle exécuta rapidement le dernier pas qui la séparait de lui et retrouva la douce chaleur qu’elle avait tant recherchée. L’elfe voulut l’étreindre à son tour, mais un de ses gestes la blessa, car il l’entendit pousser une plainte. Aussitôt le tigre s’avança, poussant un rugissement amplifié par l’étroitesse de la caverne. La jeune elfe s’éloigna de son maître afin de le rassurer. Elle s’agenouilla devant le tigre et lui chuchota à l’oreille en le caressant.

Le chasseur aperçut alors sur le bras de son élève une profonde entaille qui saignait encore. Elle paraissait avoir été faite avec quelque chose de très fin et de très pointu, car la blessure était nette et peu large. Cela ne semblait pas provenir d’un animal, elle n’était pas assez inégale pour cela. Quel était donc l’origine de cette blessure ? La jeune elfe se releva, et s’approcha des tissus au sol. Lorsqu’elle les manipula, le maître s’aperçut que le tissu rouge était en fait un tissus blanc couvert de sang. Elle utilisa l’autre tissu propre pour bander sa plaie puis lui refit face :
« – Comment …
– D’où te viens cette blessure ? »
A ces mots, le peu de joie que ressentait la jeune fille disparut d’un coup. Elle aurait préféré ne pas parler de cela, mais en voyant le regard interrogateur de son maître, elle se décida à parler :
« – C’est… C’est un elfe qui… qui m’a décoché une flèche.
– Un elfe ? Est-ce donc pour cela que tu m’as accueilli armes à la main ?
– En partie… oui.
– Ma pauvre, comment peuvent-ils être si cruels avec toi ? » dit il en s’approchant d’elle, il s’agenouilla, et pris sa main dans la sienne.

« – Je comprends ce que tu dois ressentir, reprit-il, je pense que tu devrais quitter cette région.
– Partir ? Mais, c’est ici que sont mes origines !
– Te sens tu heureuse ici ?
– Non, mais…
– Je connais une région, au nord d’ici, ou tu pourras trouver d’autres elfes qui, eux, sont toujours amicaux envers les autres elfes. Tu vivrais sûrement mieux là bas.
– Vous pensez ?
– J’en suis sûr.
– Je veux bien vous accompagner alors.
– Je suis heureux de ton choix. Mais il te faudrait un nom. Et à lui aussi, ajouta-t-il en montrant le tigre ».

Elle mit plusieurs secondes afin de donner le nom d’Ulysse à son ami, qui approuva ce choix par un grognement. Mais pour elle, ce fut plusieurs minutes qui durent s’écouler. Elle voulut commencer son nom par la lettre qui était présente sur son panier. Ensuite, elle associa le mot « nuit », pour se rappeler son lien avec sa race, et choisit pour la fin, un mot qui n’existe pas dans le langage elfique, mais un mot dont elle savait qu’il signifiait monstre. Ce mot lui défendra d’oublier son passé, et de toujours se rappeler de ce qu’elle pensait être.
« Noctatrix ».

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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Dim 14 Juin - 9:33

Chapitre XI

Ils partirent donc vers le Nord. La jeune elfe avait retrouvé sa joie de vivre et redoublait de prouesses avec Ulysse pour être admirée par son maître retrouvé. Lui s’étonnait souvent de les voir surgir brusquement ou traquer une bête en quelques minutes. Leur frénésie menait si bien leur marche, que traverser la forêt leur parut une assez courte étape, malgré les quelques jours que celle-ci leur prit.

Durant le voyage, l’elfe informa son élève qu’il y avait un bateau qui liait cette région à celle où ils se rendaient, mais il avait jugé plus utile qu’elle connaisse le chemin terrestre. Ce bateau pouvait lui permettre de revenir plus rapidement ici. Ainsi elle ne serait qu’à quelques jours de sa région natale.

En quittant la sûre forêt, qu’elle n’avait jamais entièrement visitée du fait de son immensité, la jeune elfe découvrit de nouveaux paysages. Tout d’abord, ils durent traverser une plaine, et cette vue la surprit. Elle se sentit d’un seul coup oppressée, vulnérable, effrayée, même par ce paysage dans lequel les cachettes manquaient. Ulysse ne semblait pas étonné de ce lieu et même au contraire, semblait y être habitué. Il devait être déjà venu ici. D’ailleurs, on le voyait suivre des yeux les nombreux petits animaux qui couraient pour s’éloigner des voyageurs, mais bien que tenté, il ne quitta pas sa maîtresse. Il la sentait tendue et savait que sa présence la réconfortait. Il la suivait et parfois, essayait de l’amuser, ou même de la faire jouer, mais ses efforts ne rencontrèrent aucun succès. Il revenait alors près d’elle et reprenait sa marche.

La traversée parut terriblement longue à la jeune elfe. Elle craignait d’apercevoir un danger auquel elle ne pourrait se soustraire. Mais rien de ce qu’elle redoutait ne se produisit, et peu à peu, elle put se soulager de sa terreur.

Elle fut un peu plus rassurée lorsqu’elle découvrit le relief montagneux : au moins l’on n’était pas aussi exposé qu’en plaine. Mais ce ne fut pas pareil pour Ulysse. Il avait du mal à avancer et était effaré en voyant ces pics menaçant prêts à lui tomber dessus. D’ailleurs, trop occupé à surveiller ces sommets vertigineux, il en oubliait parfois de garder un œil sur le chemin qu’il suivait, ce qui lui valut plusieurs coupures sur les roches tranchantes. Sa maîtresse consciencieuse, désirant lui éviter de continuer sa marche sur ses pattes blessées, se décida à le transporter (à la grande joie du félin). Mais son poids la ralentit, et lorsque l’elfe vit son élève supporter son ami, il l’aida en prenant l’animal à tour de rôle.

Ils gravirent ainsi les chemins escarpés jusqu’à un col encore enneigé dans lequel la jeune fille fut heureuse de porter Ulysse : grâce à lui, elle ressentit moins violemment la morsure du froid. Lorsqu’ils redescendirent enfin de ces hautes montagnes, tous deux furent heureux de voir qu’ils se dirigeaient à nouveau vers une forêt. La chasseresse soigna Ulysse à l’entrée de celle-ci. Ils eurent cependant une surprise lorsque leur maître leur ordonna de ne pas s’éloigner. Ils ne comprenaient pas qu’une forêt puisse être dangereuse. Mais, obéissants, ils se contentèrent de suivre un chemin sinueux entre les arbres. L’elfe qui était en tête quitta pourtant ce sentier pendant quelques heures après avoir jeté un coup d’œil à sa jeune élève. Cette dernière comprit la raison de ce détour en entendant de nombreuses voix elfiques provenir de là où elle supposait être le chemin. Ils rejoignirent le sentier un peu plus loin et poursuivirent leur marche jusqu’à ce que le maître annonce « Nous y voici ».

La forêt qu’ils traversaient alors était assombrie par un épais plafond de feuillages qui ne laissait guère passer de rayons de l’astre radieux. Tapie dans cet ombre, une gigantesque bête laissait entendre sa bruyante respiration. Ce râle était d’autant alarmant que la forêt était rassurante. De plus on voyait souvent des mouvements entre les arbres, et plusieurs fois la jeune elfe sursauta au passage d’une chouette.

Ils s’arrêtèrent enfin. Face à eux se trouvait l’entrée d’un village, gardée par deux sentinelles qui tenaient d’étranges armes. Noctatrix regarda son maître. Il lui souriait. Elle lui rendit timidement son sourire avant d’observer de nouveau les deux sentinelles et les elfes qu’elle apercevait. Ils ne paraissaient pas différents de ceux qu’elle avait connus et elle remarqua qu’Ulysse partageait avec elle le même sentiment : la peur.

Dwairn s’était déjà avancé et s’était retourné lorsqu’il s’était aperçu qu’elle ne le suivait pas. Sans un mot, elle le rejoignit, tentant en vain de voir tout les elfes du village d’un seul regard. Lorsqu’ils franchirent l’entrée, les deux sentinelles s’inclinèrent. Noctatrix s’en aperçut, mais quelque chose de brillant attira son regard plus loin : derrière le village, elle apercevait une grande étendue bleue dans laquelle le soleil se reflétait. Le bruit de respiration semblait provenir de cette masse mouvante. Suivant son regard, son maître lui présenta le "vaste océan qui entoure nos terres"...

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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Dim 21 Juin - 17:26

Chapitre XII

Il lui fit visiter le petit village et la présenta à quelques unes de ses connaissances. Elle se sentait gênée pendant ses conversations, et avant qu’il ne la présente à un troisième ami, elle s’éloigna en compagnie d’Ulysse vers la mer qui l’intriguait tant. Cette eau ne la rassurait pas, mais ayant vu Ulysse y nager gaiement, elle se décida tout de même à y aller. S’avançant dans l’eau, s’éloignant de plus en plus du bord, elle se rapprocha d’Ulysse qui nageait en tout sens. La jeune elfe s’avança jusqu’à avoir de l’eau aux hanches. Bien qu’elle sache son armure intacte, elle sentit l’eau froide contre sa peau, comme si ses vêtements lui étaient inutiles dans cette matière. C’était une sensation étrange d’être ainsi entourée de froid. Elle se baissa pour boire un peu de cette eau… et recracha bien vite sa gorgée en ressentant la salinité de l’eau. Mais elle ne s’arrêta pas là et continua d’avancer, s’enfonçant de plus en plus dans l’eau. Comment Ulysse faisait-il pour rester à la surface ?

Brusquement, alors que l’eau ne lui arrivait qu’aux épaules, le sol disparut de sous se pas. Elle se sentit glisser vers le fond. La frayeur la prit. Elle se débattit, croyant que quelque chose ou quelqu’un l’entraînait, mais elle poursuivit sa chute. Déjà ses poumons réclamaient l’air qui leur manquait, mais elle n’arrivait pas à remonter. Elle voyait au dessus d’elle les reflets du soleil sur les vagues s’éloigner de plus en plus. La dure vérité la traversa : elle allait mourir sous les eaux… Mais elle sentit une main vigoureuse l’attraper par l’épaule. Ce sentiment subit la fit sursauter, et involontairement, elle prit une courte inspiration. Elle eut à peine le temps de sentir l’eau s’infiltrer dans ses poumons avant qu’elle ne s’évanouisse.

Lorsqu’elle reprit connaissance, elle était allongée sur le sable, et quelque chose d’humide et de râpeux lui glissait sur la joue à plusieurs reprises. Elle voulut parler, mais dut d’abord tousser plusieurs fois avant de lâcher ces mots :
« Ulysse, c’est bon, je vais bien. »

Elle ne ressentit plus la langue du félin, mais ses poumons étaient douloureux, comme brûlés intérieurement. Elle entendit un grognement, et tourna le regard vers le tigre. Il semblait fixer quelques chose au dessus d’elle.
« Il ne veut pas que je vous approche » dit une voix elfique près d’elle.

Elle retourna la tête si vite qu’elle le voyait déjà alors que sa bouche était encore ouverte. En voyant cet elfe si près, elle se traîna rapidement jusqu’à Ulysse. Ses yeux emplis de frayeur dévisageaient cet inconnu encore trempé. Il paraissait un peu plus vieux qu’elle, mais elle ne put s’empêcher de penser qu’il avait un certain charme. Elle aperçut son étonnement en la voyant s’éloigner ainsi mais ne dit rien. Tout deux se contemplaient, l’un avec étonnement, l’autre avec frayeur. L’elfe semblait admirer cette inconnue, qui paraissait bien étrange, même un peu sauvage. Pourquoi s’était-elle reculée si vivement lorsqu’elle l’avait vu ? Quant à elle, réalisant ce qui s’était passé, elle sut qu’elle était redevable à cet étranger. Mais pourquoi s’était il agenouillé si près d’elle ? Le silence se poursuivit plusieurs minutes entre eux deux, chacun cherchait plutôt à décrypter le langage des yeux de l’autre. Mais aucun ne comprit l’elfe face à eux et la jeune chasseresse se décida finalement.

« – Qui êtes-vous ?
– Mon nom est Mimnès, et vous ? Vous devez être étrangère. D’où venez-vous ?
– Je viens de loin. Et… c’est la première fois que je vois une telle chose, dit elle en observant l’océan.
– On ne vous a jamais appris à nager ?
– Nager ? Non, je n’ai jamais appris une telle chose. »

Ils poursuivirent ce petit dialogue dont le discours passa de l’océan à Ulysse, en passant par la nage que l’elfe expliqua à l’inconnue. Il ne savait pas encore son nom, mais ne s’en souciait guère. Voir sa frayeur se dissiper peu à peu sur le visage qui lui faisait face était pour lui un si grand bonheur qu’il ne cherchait qu’à prolonger cette discussion. Mais elle y mit fin en se levant. Elle s’éloignait déjà lorsque, s’interrompant, elle se retourna et lui adressa un remerciement enchâssé dans un léger sourire. Puis sans même attendre de réponse, dans un tourbillon de cheveux bleutés elle s’enfuit.

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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Mar 30 Juin - 15:34

Chapitre XIII

Lorsqu’elle eut rejoint son maître, elle se sentait déjà mieux et la brûlure de ses poumons s’était atténuée. Ses pensées vagabondaient encore sur cet elfe, son sauveur. Elle ne comprenait pas ce qui l’avait poussé à l’aider, mais était touchée de sa réaction. Pendant ses réflexions, elle suivait Dwairn qui cherchait pour elle un endroit pour dormir, car il ne pouvait rester ; mais lorsqu’il lui proposa de passer la nuit à l’auberge, elle refusa. Ne cherchant aucunement à risquer une nouvelle nuit dans une de ces habitations, elle préféra retourner dans la forêt et se trouver un coin agréable où dormir. Pourtant, sa recherche infructueuse la força à revenir sur sa décision, et, malgré ses craintes, se dirigea vers l’une des chambres de l’auberge. Elle n’osa pas dormir et préféra veiller afin de rester sur ses gardes dans cet endroit qui réveillait de tristes souvenirs enfouis en elle.

Trouvant sur un meuble de quoi écrire, elle profita de cette nuit afin de se remémorer les anciennes leçons d’écriture que lui avait enseignées son maître. Cependant, au beau milieu de la nuit, alors qu’elle s’exerçait, elle entendit des bruits de pas mal étouffés derrière la porte. Ulysse, qui somnolait sur le lit, leva la tête. La jeune elfe éteignit la flamme qui éclairait encore sa chambre. On vit bientôt sous la porte, par le petit interstice qui laissait passer la lumière du couloir, les deux ombres des jambes de l’étranger. Ces ombres s’arrêtèrent, puis parurent s’élargir légèrement, témoignant de l’approche de cette personne vers la dernière barrière qui la séparait de la jeune elfe.

Celle ci sortit son bâton, Ulysse, se levant, sauta à terre dans un parfait silence. Que se passait-il derrière la porte ? Ils ne le savaient pas, mais il y avait bien quelqu’un derrière. Quelques minutes plus tard cependant, les pas s’éloignèrent, puis leur léger bruit ne fut plus audible. La chasseresse se félicita de ne pas s’être endormie et finit sa nuit sur le qui-vive. Lorsque l’aube arriva, la lumière qui s’infiltra dans la pièce l’éclaira au côté d’Ulysse, son bâton sur ses genoux.

Elle réveilla doucement le tigre par des caresses, puis se leva pendant qu’il s’étirait majestueusement. Ils sortirent et se dirigèrent vers la forêt. Elle devait absolument trouver un endroit où dormir. Elle finit par découvrir à l’est un abri, peu couvert, mais suffisant. Il y avait bien quelques grottes non loin, mais toutes étaient habitées par d’étranges créatures, et elle préférait éviter le combat pour le moment.

Quand elle revint au village, l’agitation matinale battait son plein. Alors qu’autrefois elle se serait éloignée d’une telle agitation, ici elle se sentait revivre, et, bien que restant effrayée, elle n’hésitait plus à s’approcher. Une seule chose la motivait : le respect que ces elfes lui présentaient. Tous s’inclinaient devant elle, et aucun ne cherchait à la blesser ou à l’insulter. Au bout de plusieurs jours, elle se sentait tellement mieux qu’elle répondait à chacun de leur salut avec un ton des plus joyeux.

Elle croisa plusieurs fois son “sauveur” qui prenait plaisir à rester avec elle et à la guider. Il lui présenta la plupart des elfes qui vivaient au village, et même – elle fut étonnée de voir de pareilles créatures– les quelques nains qui y forgeait de magnifiques armes. Il lui fit aussi connaître la forêt alentour et la plage qu’elle bordait. Il commença même à lui apprendre à nager. Plusieurs heures durant, ils s’amusaient tout deux, pendant qu’Ulysse, habitué à les rejoindre par un sifflement de sa maîtresse, chassait aux alentours ou nageait autour d’eux. Il était heureux de la voir ainsi, enfin libérée du mal qui l’avait rongée.

Le sourire de Noctatrix finit par rester souvent sur son visage, tel un bijou que cette nouvelle vie lui aurait apporté. Parfois, ils s’installaient auprès d’un arbre, Ulysse entre eux deux, et s’ensuivaient de longues discussions. La jeune elfe ne tarissait pas d’éloges sur lui ou sur les autres elfes de cette région. Lui ne comprenait pas ces nombreux compliments, se considérant comme appartenant à un “banal” village elfique. D’ailleurs, pour le prouver, il lui racontait souvent son passé. Cependant, il se trompait en pensant que raconter son histoire l’amènerait à dévoiler la sienne. Elle se taisait souvent lorsqu’il abordait le sujet ou répondait vaguement à ses questions. La seule chose qu’il connaissait d’elle était son nom, qu’elle lui avait dit lors de leur seconde rencontre.
Lorsqu’un jour il voulu insister davantage, et lui demanda véritablement qu’elle lui raconte son passé. Mais elle se leva et se détourna de lui. Quelques secondes plutôt, elle souriait encore de leur longue discussion qui les avaient rapprochés l’un de l’autre, et pendant laquelle Ulysse s’était éloigné. Toujours curieux, Mimnès se leva, la contourna et se plaça devant elle.

« Je veux juste mieux te connaître… »
Il s’avança lentement vers elle. Elle fixait ses yeux doucereux.
« Je ne te veux aucun mal »

Subitement, il put apercevoir une ombre traverser son regard qui perdit sa tristesse pour laisser place à la peur. Ses paroles résonnaient dans les oreilles de la chasseresse, et peu a peu, la voix s’altérait. Le visage qu’elle avait devant elle se transformait sous ses yeux et prenait la forme de ses anciens tortionnaires. Ces visages sans cesse changeant se rapprochaient dangereusement. Ils voulaient lui faire du mal, la faire souffrir ; elle le savait. Parfois, un visage amical se distinguait face à elle, mais était bientôt remplacé par ceux de ses tortionnaires.

Elle décida de se fier à son instinct face à ce danger. Son bâton frappa l’elfe qui était à moins d’un pas d’elle. Il s’écroula sur le sol et ne bougea plus. La fureur et la peur qui l’avaient poussée à faire ce geste se dissipèrent peu après. Elle reconnut son ami au sol. Instantanément, lâchant son bâton, elle se précipita près de lui, des larmes coulant déjà hors de ses yeux. Il reprit connaissance un peu plus tard. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il l’aperçut au dessus de lui, des fleuves de larmes inondaient le beau visage de la jeune elfe.

« Excuse moi, lui demanda-t-elle, je ne voulais pas… Je ne voulais pas… »
Mais il ne la comprit pas. Il eut peur d’elle comme elle avait eu peur de lui lors de leur première rencontre. Il se releva en s’éloignant d’elle, puis préféra fuir jusqu’au village.

« Attends ! Ne pars pas ! Je ne voulais pas te faire de mal ! »
Mais il n’arrêta pas sa course, et la jeune elfe poursuivit ses pleurs à genoux, réconfortée quelques heures plus tard par Ulysse qui revint.

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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Lun 6 Juil - 8:12


Chapitre XIV

La tristesse qu’elle ressentait était telle qu’elle ne voulut plus rester. Elle ne voulait plus faire de mal à ces elfes qui lui étaient si amicaux. Elle préférait retourner dans sa région natale, souffrir par des elfes lui paraissait alors moins douloureux que de faire souffrir les elfes qui vivaient ici. Elle se sentait véritablement être un monstre, non parce qu’on lui avait dit, mais parce qu’elle avait agi comme tel. Ils avaient finalement eu raison dès le début. Un elfe n’aurait jamais frappé l’un de ses amis, et d’ailleurs aucune créature ne se serait comportée comme elle. Elle repartit pour le sud. Elle n’arrêtait pas de penser « Je n’ai jamais été elfe. Je ne suis que leur contraire. Je ne provoque que de la douleur autour de moi. Je ne suis qu’un monstre. Jamais je ne pourrais être elfe ! Je suis un monstre ! » Ces derniers mots furent prononcés à haute voix. Elle ne voulait ni ne devait l’oublier. Cependant une voix caverneuse retentit non loin d’elle :
« Tu te trompes, jeune elfe. »

Elle se tourna vers la droite, d’où semblait provenir le bruit, mais n’y vit que deux épais troncs couverts de lianes, aux racines épaisses, courbés l’un vers l’autre. Ulysse s’était caché derrière elle en entendant cette voix forte qui reprit peu après :
« Je connais ton courage et aucun monstre n’en possède autant »

Ces paroles semblaient venir du ciel. En levant son regard, Noctatrix s’aperçut que les deux troncs se rejoignaient pour former un tronc dont la taille était double. Deux grosses branches tombantes y prenaient leur appui. Des amas de feuilles et de lianes semblaient former un tissu de verdure autour de ce tronc. A son sommet, un énorme bloc de bois, qui, lorsqu’elle le regarda attentivement, lui parut ressembler à un visage où les feuilles tombantes formaient une barbe, et où les noeuds énormes paraissaient être les yeux et la bouche.
« J’ai entendu parler de tes exploits, et je t’admire pour les avoir accomplis. »

La jeune elfe vit que c’était bien cet être étrange qui lui parlait. Ne reconnaissant pas là un elfe, elle répondit, cependant la tristesse tintait ses paroles :
« Vous ne devriez pas. Je n’ai rien d’admirable. Je ne mérite rien. »

Elle se détourna pour reprendre sa route.
« – Il ne sers à rien de t’en prendre à toi-même pour des fautes que tu n’as pas commises.
– Si ! C’est moi qui les ai commises ! C’est moi qui fais du mal aux autres ! S’exclama-t-elle d’un ton furieux.
– Ecoutes ta rancœur ! Tu ne veux que t’en persuader, mais au fond de toi tu sens bien que tu n’es pas fautive.
– Je… tout est de ma faute !
– De quelles fautes parles-tu donc ? Est-ce ta faute si tu as été abandonnée, est-ce ta faute si tu as été maltraitée, est-ce ta faute si tu as découvert un maître prêt à tout pour toi et un ami dévoué (Ulysse leva la tête vers le visage du vénérable ancien), est-ce ta faute enfin, si tu as inconsciemment blessé un ami qui n’a même pas écouté tes excuses ?
– Oui, c’est ma faute ! J’aurai dû rester loin d’ici, j’aurai dû me laisser tuer au lieu de me défendre ! Je n’aurai jamais dû vivre si longtemps. J’aurai dû mourir dans mon berceau ! »

Cette réplique la replongea dans ses souvenirs, elle baissa les yeux et observa le lointain.
« – Sais-tu pourquoi tu n’es pas morte ?
– Parce que je me suis toujours accrochée à une vie que je ne mérite pas.
– Non, parce que la Nature s’est désignée ta protectrice, et pendant toutes ses années, elle a veillé sur toi. Tu es exceptionnelle, Noctatrix. Tu as vécu dans la douleur, mais tu as vécu en ayant la Nature pour mère. Cette attention qu’elle a eu pour toi, peu d’elfes, peut-être même personne, n’as pu en profiter. C’est le plus beau cadeau qu’un elfe puisse recevoir !
– Vraiment ?
– Nombreux sont les elfes qui, comme moi, ont voulu comprendre la Nature, mais très peu ont réussi. La Nature, c’est la présence qui fait vivre les régions de ce monde, la présence qui vit en chaque animal, en chaque végétal ! Comprendre la Nature, c’est comprendre le monde qui nous entoure ! Etre protégé par elle, c’est être en toute circonstance proche d’elle. Elle sera pour toi une mère qui t’accompagnera où que tu ailles !
– Une… Une mère ? Mais pourquoi a-t-elle décidé de me protéger moi ? Je lui suis inutile, je suis plus un fardeau qu’une aide pour elle !
– Au contraire, tu peux l’aider ! Dans de nombreuses régions, la Nature souffre. Il peut exister des animaux malades, des plantes empoisonnées, des rivières troublées, qui sont autant de maux pour elle. Tout cela, elle ne peut le diriger, et seulement nous, les races libres, pouvons panser ses plaies. Tu en es capable maintenant, et je peux t’assurer que, quelle que soit l’ampleur de ton action, la Nature t’en sera reconnaissante… ( il se tut un instant) Oh, et tiens, je t’offre ceci (il lui tendit une lourde épée), pour ta vaillance, ton courage, et le dévouement que tu feras preuve pour ta mère Nature. Cette épée fut la mienne, mais elle m’est désormais inutile, par contre je pense qu’elle pourra te sauver la vie plus d’une fois. Gardes la précieusement, comme le cadeau d’Onu.
– Oh !merci, dit elle les yeux pleins de larmes de reconnaissance en observant cet être si généreux. Je ne la quitterai plus ! »

Elle empoigna l’épée. Elle était juste assez légère pour qu’elle puisse la manier à deux mains sans trop de difficultés.
« Allons, reviens sur tes pas, et rejoins ces elfes que tu aimes tant, tu n’as rien à craindre d’eux. »

La jeune elfe s’exécuta. Après tout, cet ancien avait raison, ce n’est pas à cause d’elle qu’elle était un monstre, et puis dorénavant, elle pouvait se méfier. Elle ne s’approchera plus jamais assez près d’un elfe pour pouvoir le confondre, et ainsi pourra éviter tout risques de blesser ses amis.


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MessageSujet: Re: [HRP] La véritable histoire de Noctatrix   Ven 10 Juil - 8:19

Chapitre XV

Noctatrix revint courageusement dans ce village. Bien que sa tristesse se fut un peu dissipée, elle sentait un poids de plus peser dans sa poitrine. Quoi qu’en aie dit l’ancien, elle savait qu’elle devait s’excuser de son comportement, car elle aussi était fautive. Les quelques visions qu’elle eut de son ami furent très brèves, car il l’évitait. Plusieurs fois, elle tenta de le poursuivre, mais il disparaissait de sa vue, et elle ne voulait pas le pister pour forcer son retour. Cela n’aurait sûrement rien arrangé, et d’ailleurs, ce n’était pas la chasseresse qui le recherchait, mais l’elfe, ou plutôt le monstre qu’elle croyait être.

Ne pouvant plus passer de nombreuses heures en sa compagnie, elle s’installait dans un coin de l’auberge. Elle s’asseyait toujours face à l’entrée, alors qu’Ulysse se plaçait devant elle, et l’observait d’un regard perçant. Espérait-elle le retour de Mimnès ? Ou était-ce son maître qu’elle attendait ainsi ? Elle parla quelques fois à l’aubergiste, pour mieux connaître les elfes et leurs origines, mais le plus souvent, elle restait à l’écart. Elle repensa souvent aux paroles du vénérable ancien, mais chaque fois, ses pensées revenaient sur cet elfe si respectueux, remercié à coup de bâton.

Sa cent cinquante-troisième année était déjà fort entamée et sa carrure d’elfe adulte était presque atteinte. Un voyageur eut un jour une étrange attitude alors qu’elle se tenait comme à son habitude assise seule. En entrant, il l’avait longuement observé. Sentant un regard posé sur elle, la jeune elfe leva les yeux. Un incompréhensible bonheur transfigura ce visage inconnu. Il prononça alors un mot qu’elle ne comprit pas avant de s’avancer vers elle. Elle ne bougea pas. L’elfe réitéra son appel « Niat’uva ? ». Il écarta les bras, toujours s’approchant d’elle. Sa proximité commença à effrayer la jeune elfe. Elle se leva, et agrippa son épée, pendant qu’Ulysse, ayant aperçu l’étranger, se plaçait auprès d’elle.

Le voyageur changea d’attitude, la réjouissance qu’avait provoquée sur lui son lever s’était effacée en la voyant saisir son épée. Alors qu’il observait son air effrayé, il tenta de la rassurer « Je suis ton père ! ». La jeune chasseresse fut surprise de l’entendre prononcer de telles paroles. Elle pensa qu’il était fou. Il l’appela de nouveau, mais différemment « Noctatrix ? ». Comment connaissait-il ce nom que si peu de personnes connaissaient ?
Il sortit un médaillon. L’objet en lui-même ne semblait pas avoir une grande valeur, mais était gravé de chaque côté : la jeune elfe reconnut le sigle de son enfance, cette sorte de N qui paraissait entouré. Reconnaissant le sigle représentant son passé, elle repensa aux longues heures pendant lesquelles elle avait contemplé ce symbole. « Père ? » Le voyant acquiescer, elle abandonna son épée et se jeta dans ses bras en pleurant.

Ce lien de parenté en l’instant lui sembla représenter le désir le plus profond de son être, et cet événement si prompt avait réveillé ses émotions. Elle ne réussissait pas à retenir ses pleurs face à cette relique, et bien que honteuse de son comportement, elle ne chercha pas à refouler ses sentiments, qui déferlèrent pendant plusieurs heures.

Ulysse restait éloigné. Il se demandait pourquoi elle pleurait. Etait-ce sa tristesse habituelle, qu’elle ne montrait pourtant jamais dans un tel lieu, ou était-ce cet étranger qui la faisait souffrir ? Devait-il réagir ? Tour à tour, il observait les expressions de ces deux elfes. Que signifiait la joie de l’un qui contrastait si fortement avec l’expression peinée de l’autre ?

L’étranger murmura à l’oreille de sa fille. Elle acquiesça, tellement l’idée de revoir sa mère était attirante. Peu de temps après, ils se séparèrent. Toujours les larmes aux yeux, elle suivit son père. Ulysse la rejoins. Les trois silhouettes se dirigèrent vers le bateau qui les ramènerait chez eux. Mais le long voyage qui suivit fut l’occasion pour la jeune elfe de bien réfléchir à ce retour soudain. Au début du voyage, Noctatrix et son père étaient debout à la proue du navire, observant le lointain plongés dans un silence pesant. La nuit cependant, son père rentrait dans les cabines, et seul Ulysse lui tenait encore compagnie. Elle s’asseyait alors près de lui et le caressait pendant qu’il somnolait. En même temps, elle revivait une fois de plus son passé, ponctuées non pas par l’apparition de ses parents, mais des paroles d’Onu…

Ils atteignirent enfin cette forêt qu’elle avait toujours assimilée à la souffrance. Etait-il possible que dans ces sinistres lieux, il pouvait y avoir un bonheur caché ? Passant par plusieurs chemin, elle traversa un lieu qu’elle avait déjà connu, et pu laisser aller Ulysse, qui désirait partir chasser. Ce dernier avait lui aussi des mauvais souvenirs de cette forêt et resta tout de même peu éloigné de sa maîtresse.

Ils arrivèrent enfin à une petite cabane isolée. Les dernières larmes de la jeune fille n’existaient plus. Lorsqu’ils entrèrent, Noctatrix interrogeait encore son cœur. La tristesse semblait s’être dissipée, mais à la place une fureur grandissait. Une colère croissante s’emparait peu à peu d’elle. Elle entendit à peine les premières paroles interrogatrices de sa mère, mais lorsque celle-ci voulut l’enlacer, elle se recula vivement. « Vous m’avez abandonnée ! ».

La réaction de sa mère fut immédiate. Elle fondit en larmes, et ce fut son père qui se força à lui répondre.

« – Nous ne pouvions pas te garder. Le fléau nous menaçait, et nous subsistions difficilement à nos besoins. Lorsque nous sommes revenus sur notre décision, nous ne t’avons pas retrouvée. J’ai entendu dire qu’une elfe s’était donnée le nom de Noctatrix, et je me suis dit que peut-être il s’agissait de toi, mais personne ne put me renseigner à ce sujet. Au fil des années, je désespérais de ton retour. Et enfin, je te retrouvais à Auberdine ! Nous n’avons jamais voulu que tu vives loin de nous !

– Vous ne pouviez me garder ! Je refuse de vous pardonner, je ne vivrai jamais avec vous. Vous n’êtes pas mes parents ! La Nature est ma mère, mon maître fut mon père ! Vous ne vous êtes jamais occupés de moi. J’ai du supporter les calomnie, les insultes, les coups et… »

Elle s’interrompit, sa fureur se dissipa et ses souffrances la firent taire. Mais personne ne chercha à imaginer la suite, ou remarquer son arrêt brutal, car son père lui répondait au même instant, d’une fureur tout aussi subite :

« Crois-tu que nous n’avons pas souffert ? Crois-tu que ton abandon fut le choix le plus heureux et le moins regretté que nous ayons eu à faire ? Ah ! Je regrette. Je n’aurais jamais du te retrouver ! Va t’en ! Sors d’ici, sors de nos vies ! »

Il s’approcha d’elle, menaçant. Elle quitta la maison effrayée, mais ses larmes revinrent à ses yeux. Elle fit le tour de l’habitation, et s’assit un peu plus loin. Elle pleura silencieusement ces origines qu’elle avait tant voulu connaître. Elle ne voulait plus considérer ces elfes comme ses parents, mais ne sont ils pas eux, la preuve qu’elle aurait pu être comme les autres enfants qu’elle avait vu jouer dans ces bois ?

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[HRP] La véritable histoire de Noctatrix

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